Parce qu'il fallait bien que ça arrive un jour.
Dans le Cercle des Gens auxquels je tiens, j'ai une Amie.
Précieuse. Douce. Belle. Intelligente. Drôle. Gentille. Spirituelle... parfaite. Ce genre de fille qui vous fait vous sentir si petit et si minable lorsque vous sortez dans la rue à côté d'elle. Ce genre de fille qui a le monde à ses pieds sans en avoir conscience... sans en avoir confiance.
Ce genre de fille qui par un battement de cils changera un jour la vie d'un homme. Ce genre de fille qui pourrait changer la face du monde. Ce genre de fille...
Cette fille vient de se séparer de son petit ami. Jamais je ne comprendrais comment il a pu la quitter. Jamais. Si j'étais un homme, où que je n'étais pas hétéro, je ferais au contraire tout pour une fille comme ça. Mais non. Il est parti. La vie est faite comme cela, qu'on ne peut pas toujours rester dans le bonheur dans lequel on était quelques secondes auparavant.
Alors, on chute. Elle comme moi, ou comme lui, ou comme eux. Façon saut dans le vide depuis le viaduc de Millau sans élastique, pour nous renvoyer vers le haut.
On chute. Sans frein. Et sans ailes. On croyait pourtant. Que grâce à lui, on pourrait se prendre pour Icare sans se brûler à côté du Soleil. Plutôt faire bronzette. Mais non. Le pire? Il n'y a pas de fond. Rien pour nous stopper net, même si c'est rude. Et surtout rien pour repartir. Nulle part où poser le pied pour donner l'impulsion à une possible remontée. Niet. Nada. Seule.
Avec les amis qui ne comprennent pas forcément, ne savent plus quoi faire, plus quoi dire, ou pire, savent que les mots ne seront d'aucun secours contre ses maux là. Qui, surtout ne peuvent pas être là tout le temps. Byron disait que l'amitié, c'est l'amour sans ailes. Non. L'amitié parfois rends des ailes. Fragiles. Fines comme des membranes de papillons. Mais on ne reste pas clouée au sol. On prends de l'altitude. Un peu d'accord. Mais c'est mieux que rien. Tellement mieux.
Mais au fond... c'est quoi, l'Amour. Joli mot bien rond que les Amoureux font rouler longement dans leurs bouches avant de le crecracher à la face des célibataires, leur brandissant au nez leur bonheur. C'est peut-être juste The Scientist qui passe quand vous êtes bien, avec lui. Ou simplement ce regard que vous échangez briévement. Ou ce baiser. Pas forcément un chef d'oeuvre du genre, dans cette chambre d'hotel un peu glauque mais dont le plafond paraît tellement étoilé. Ou même cette chanson que vous entendez pour la première fois après votre rupture: "
This is the way you left me, I'm not pretending, no hope, no love, no glory, no Happy Ending...". Ou ces litres de
larmes pleurés seule et en silence, lorsque personne ne vous regarde plus. Ou ce ciel qui après tout, est le même au-dessus de sa tête à l'autre bout de la France.... Ou bien, ces heures passés au téléphone.
Ou bien, cette Amie qui s'enferme dans la salle de bain avec son chéri. Ou
cette douleur immense dans les yeux de celle-ci lorsqu'elle parle de son Ange, et ces petits restes de rêves accrochés à ces cils et qui jamais ne tombent, même quand elle pleure à chaudes larmes et que le mascara coule sur ces joues.Et si, finalement, l'Amour ce n'était pas la personne, mais l'Attention?